" spawned a worldwide annual tradition of red-dress flash mobs, with two taking place in France this year: at the Bon-Repos abbey on July 25 and in the Bois de Vincennes in Paris on July 26, 2026.
Sa reconnaissance viendra bien plus tard. Au cours du XXe siècle, Les Hauts de Hurlevent s'impose progressivement comme un classique de la littérature mondiale grâce à ses nombreuses adaptations au cinéma, à la télévision et au théâtre. Kate Bush participera, elle aussi, à cette redécouverte. Car, contrairement au roman dont elle est inspirée, sa chanson connaît un triomphe immédiat. Sortie en pleine période où s'affrontent le punk et le disco, à rebours des tendances dominantes, elle s'impose en tête des classements britanniques et détrône même le groupe ABBA. Du jamais vu pour un premier titre et une artiste inconnue.
Lorsque Kate Bush découvre ce récit gothique, ce n'est pas en ouvrant le roman d'Emily Brontë, mais en regardant une adaptation télévisée diffusée par la BBC. Elle n'a alors que 16 ans. Fascinée par l'atmosphère sombre du récit et la puissance tragique de ses personnages, elle finit par lire le livre et se sent particulièrement proche de son héroïne, Catherine, surnommée Cathy, dont elle partage le prénom. Elle décide alors de transposer l'histoire dans le langage de la pop.
À l'âge de 18 ans, elle compose Wuthering Heights en une seule soirée, au piano. Sa chanson s'inspire d'une scène emblématique du roman : celle où le fantôme de Cathy apparaît à la fenêtre de Heathcliff et tente de le convaincre de la laisser entrer. Kate Bush prête alors sa voix à l'héroïne disparue : « Heathcliff, it's me, I'm Cathy, I've come home, I'm so cold, let me in-a-your window... » ("Heathcliff, c'est moi, Cathy. Je suis revenue. J'ai si froid. Laisse-moi entrer par ta fenêtre..."). En quatre minutes de musique, la chanteuse parvient ainsi à condenser toute la passion, la mélancolie et le mystère qui font encore aujourd'hui la force du roman d'Emily Brontë. (...)
Si Wuthering Heights est devenue une chanson culte, c'est autant grâce à la voix singulière de Kate Bush qu'à l'univers visuel qu'elle a construit autour du morceau. Son timbre aigu, presque irréel, se mêle à des sonorités éthérées pour donner vie à un personnage fantomatique directement inspiré de Cathy Earnshaw. Mais c'est surtout le clip qui va marquer durablement les esprits.
Conçue avec le chorégraphe Lindsay Kemp, célèbre pour avoir notamment formé David Bowie à l'art du mime, la chorégraphie contribue à l'atmosphère hypnotique du morceau. Dans une première version du clip, Kate Bush apparaît sous les traits du fantôme de Cathy, vêtue d'une longue robe blanche vaporeuse. Filmée au ralenti, évoluant parmi des effets visuels qui accentuent l'étrangeté de la scène, elle semble flotter entre le monde des vivants et celui des morts.
Une seconde vidéo est ensuite réalisée pour le marché américain. Le décor change, mais pas la chorégraphie. Cette fois, la chanteuse danse au milieu de la campagne anglaise dans une robe rouge flamboyante qui deviendra sa tenue emblématique. Plus épurée et plus facilement identifiable, cette version va peu à peu s'imposer dans l'imaginaire collectif et devenir l'une des images les plus célèbres de la culture pop britannique.
C'est d'ailleurs ce clip qui est à l'origine de The Most
Wuthering Heights Day Ever. Chaque année, à l'occasion de l'anniversaire de Kate Bush - et d’Emily Brontë, née un 30 juillet, elle-aussi - des milliers de fans à travers le monde enfilent la fameuse robe rouge et reproduisent les gestes envoûtants de la chanteuse. De Londres à Melbourne, en passant par Paris, cette chorégraphie née à la fin des années 1970 continue ainsi de rassembler. L'archive ci-dessous nous entraîne dans l'événement organisé en Bretagne en 2024.
(Florence Dartois) (Translation)
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